Colloque : En finir avec la complaisance des associations envers l’ordre bourgeois, raciste et patriarcal ?
Organisé par l’ARC (Action et Recherche Culturelle)
A l’occasion de la sortie des deux derniers numéros de sa revue de recherche Permanences Critiques : S’associer pour mieux régner ? Critique de la raison associative et Critique de la faculté de militer.
S’il est inutile de rappeler que la situation politique de notre pays est délétère et que les secteurs social et socio-culturel sont en première ligne pour le constater et en subir les conséquences, il est urgent qu’ils se (re)positionnent, identifient les contradictions qui les traversent, explorent leurs potentialités, repensent les conditions de leur pratique de l’émancipation.
Le 14 novembre 2025 de 9h00 à 17h00
Au Pianofabriek – rue du Fort, 35 à 1060 Saint-Gilles
Avec les interventions de :
Gabor Tverdota, Natalia Hirtz, Pierre-Emmanuel Marion, Manon Legrand, Fabio Bruschi, Julia Galaski, Nordine Saïdi, Magali Gillard (sous réserve).
Entrée gratuite et sandwich offert à midi
ARGUMENTS
Peu d’acteur·ices du secteur associatif subsidié en Belgique francophone contesteront que le secteur traverse aujourd’hui une crise profonde. Aux logiques néolibérales et managériales imposées par l’État social actif depuis des années, réduisant l’autonomie des associations à une peau de chagrin, s’ajoutent aujourd’hui les mesures antisociales d’une brutalité inouïe orchestrées par le gouvernement dit « Arizona », doublées du contexte politique chaotique en région bruxelloise depuis les dernières élections. Dans cette situation critique, une tendance générale semble être à l’oeuvre : l’inféodation tendancielle du secteur associatif (ou de ce qui en restera après l’épuration à laquelle il est soumis aujourd’hui) à une fonction de gestion de plus en plus autoritaire et sécuritaire du mécontentement social résultant des politiques économiques à la faveur de l’accumulation capitaliste.
À l’occasion de la parution du double dossier des numéros 12 (S’associer pour mieux régner ? Critique de la raison associative) et 13 (Critique de la faculté de militer.) de Permanences Critiques, interrogeant les liens organiques entre l’associatif, le capitalisme, l’État, les rapports de classe, de race et de genre, déconstruisant les stéréotypes valorisant le rôle de « contre-pouvoir » de ce secteur, et appelant à une repolitisation radicale de ses pratiques, nous invitons nos collègues du secteur associatif et nos camarades du monde militant à engager une réflexion collective et confronter nos points de vue respectifs sur les enjeux que ces questions soulèvent.
Mais pourquoi mener une autocritique radicale de gauche de l’action associative au moment où elle est la plus menacée ? Précisément pour cette raison : parce que, sous la pression de la réaction du libéralisme autoritaire, et dans le but de survivre à la charge, les associations ont toutes les chances de maximiser leur complaisance avec l’ordre bourgeois, suprémaciste-blanc et patriarcal : à coup de petites compromissions, de craintes organisées de la répression, d’omissions volontaires et de combats délaissés, de partage d’un vocabulaire imposé et souvent odieux, de silences complices et d’opportunisme idéologique et financier…
Bref, les associations attaquées par la droite ont tout à gagner à mener leur autocritique de gauche et à penser les conditions d’une politisation qui ne soit pas complaisante avec la domination bourgeoise, patriarcale et suprémaciste. Ce colloque propose de développer des outils à cette fin, dans le but d’intervenir intellectuellement dans cette conjoncture. Il s’agira notamment d’identifier les contradictions qui traversent le champ associatif pour mieux armer celles et ceux qui y agissent contre les logiques dominantes et pour la transformation sociale ; d’explorer les potentialités de conflictualité, d’organisation autonome et de politisation depuis l’intérieur même des dispositifs ; de penser les conditions d’une pratique de l’émancipation autrement transformatrice au sein d’un champ traversé par les contradictions de l’ordre social présent.
